Premières rencontres

Je suis parti seul à l’aventure. Aucune date fixe, pas d’itinéraire arrêté, aucune date de retour… j’ai demandé un peu autour de moi si on voulait m’accompagner, mais tout laisser tomber d’un coup c’est pas facile. Y’en a bien quelqu’un ou une qui se sont posé la question, mais bon, faut quand même pourvoir me supporter… Et aussi la plupart de mes amis ont un boulot depuis seulement quelques mois, sont en couple, engagé. Quelques-uns me retrouveront peut-être (je l’espère !) sur la route. En attendant je suis seul. Je peux dire que des fois je me fais grave chier quand j’ai pour seul compagnie mon chicken qui barbote dans la soupe !  Mais en de nombreuses occasion, ça laisse plus de chance de rencontrer d’autres personnes, de découvrir, d’apprendre, de s’ouvrir un peu plus…

 

Dans cette page, je veux parler de mes rencontres les plus marquantes du voyage. Avec certaine j’ai peut-être discuté seulement 5 mn (et certaine même pas), d’autres, passé des soirées entières à boire des coups, raconter nos vies. Mais toutes, d’une façon ou d’une autre m’auront marqué.

 

Mais pourquoi raconter ça ici ? Quel intérêt ? Je me dis que pour m’a part j’ai trouvé ça plutôt sympa de les rencontrer alors je voulais en faire profiter. J’ai pensé à cette page quand j’ai suivie un cours d’économie donné par un trader de pétrole sur une plage déserte de Ko Pi Pi. Avec ce qu’il m’a enseigné il m’a dit que j’en connaissais plus que 95% de trader de New York. Je me suis dis que ça pourrais aussi vous intéresserJ. Si vous trouver que c’est complètement nul, dites-le moi !

 

Dans le désordre, je commence par le trader et ma première leçon d’économie:

 

Je suis allé plonger à  Ko Pi Pi. On était deux touristes pour deux instructeurs. Lorsqu’nous n’étions pas en préparation sur le bateau ou dans l’eau il restait du temps pour faire connaissance. Mon buddy (c’est comme ça qu’on appelle son co-équipier) se présente humblement «  je bosse dans le gasoil » sans plus. On discute plus de plongé et de voyage que de boulot. Ca me va plutôt, par ce que dire au mec qui va plus ou moins assuré ma sécurité 20m sous l’eau que je peux pas blairer les gars qui font du commerce avec le pétrole c’est un peu tendu (j’arrive à me contrôler des fois J). Bon, les plongées se passent sans problème dans des eaux magnifiques. On va au resto ensuite ensemble et après on loue chacun un kayak pour aller se bronzer la tête sur une petite plage pas loin.

En fait « je bosse dans le gasoil » ça voulait dire je suis un talentueux trader d’une grosse société de vente de pétrole sur le marché « fictif » et « physique » (je me souviens plus des vrais termes…et en plus c’était en anglais). Normalement, les jeunes traders n’ont pas à gérer des stocks de « vrai » pétrole, ils se contentent de vendre et d’acheter sur le marché « fictif ». Par contre, lui, vu qu’il est pas mauvais, il a du vrai pétrole, un petit million de barils qu’il me dit ! C’est beaucoup de boulot, de souci, mais c’est très intéressant…j’imagine financièrement. Il est en vacance juste quelques jours ici après s’être rendu à un meeting à Singapour pour business. Avant j’avais l’image des traders de Walt Streets plutôt les gars BCBG complètement speed avec des grosses cernes sous les yeux parce qu’ils travaillent tout le temps. Lui c’était plutôt le gars tranquille, pas rasé (je sais il était en vacance, mais je pensais pas que ces gars prenaient des vacances) et les cheveux en touffe un peu comme moi (c’est peut-être la ressemblance capillaire qui à fait que je me suis bien entendu avec lui J). Pour ce qui est des cernes, il en avait des belles ! Mais c’est parce que il sortait de trois jours de meeting-grosse chouille à Singapour.

Pendant qu’on se faisait bronzer, je lui posais plein de question sur l’économie, la vente et l’achat de pétrole. Surtout le marché « fictif ». Etant plutôt terre à terre, j’ai du mal à comprendre que l’on puisse vendre du vent ! Mais tout c’est éclairé quand j’ai compris que pour tout ce qui est vendu en « fictif » il y a en fait du pétrole réel. C’est juste qu’entre le vendeur du produit et l’acheteur final il peut y avoir un nombre infini d’intermédiaire.

Je me demande s’il y avait des gens aussi nul que moi à la base et qui ne comprenait rien à ce truc « simple ».

Allez un exemple :

X me vend 1 baril à 100 $. Je le vends à Y à 110 $, Y le revend à Z pour 120 $ qui se fait livrer le pétrole. Ca fait deux intermédiaires (moi et Y) qui n’ont pas vu le baril, et qui ont gagné de l’argent. On pourrait dire que c’est comme des bananes qu’y vont du producteur au consommateur avec plusieurs intermédiaires. Mais dans ce cas les différents maillons  transportent, mettent en paquet…Et c’est non-valeur ajouté (je voulais mettre « anti-valeur ajouté » juste pour faire mieux, mais se serai les valoriser, faire de l’anti c’est quand même faire quelques choses, eux c’est plutôt le rien, le néant) du trader qui me dérange « un peu ».

Là dans l’exemple, Y et moi on s’est fait 10$, mais on aurait pu les perdre si le marché avait été à la baisse. Ne me demander pas pourquoi il peut être à la baisse ou à la hausse. On peut l’expliquer vite fait par l’offre et la demande, mais j’aimerais bien rencontrer un autre trader pour qu’il m’explique vraiment en détail tout ça. Mais arrêtons-nous sur les pertes ou les gains possibles suivant l’évolution du marché. Ok, on peut gagner ou perdre, mais on peut aussi limiter ces risques : on prend une « assurance » qui nous coute 3$ et qui nous assure que si le baril descends en dessous de 90$ (50$ par exemple), je le vendrai quand même 90$. Je perds en fait 13$ au lieu de perdre 50$. Mais si le cours monte à 110$ j’aurai gagné seulement 7$. Intéressant cette  assurance ! Mais bien sur, elle aussi suit le cours du pétrole, ou plutôt sa tendance à fluctuer fort ou pas, si on sait à peut près dans quel zone il va se trouver ou si c’est très incertain. Si c’est très incertain, bien sur l’assurance à 90$ - et que peut-être ça peut descendre à 50$ -  sera très cher, si part contre ça varie seulement entre 85$ et 115$, l’assurance sera pas cher, vu qu’elle sert à presque rien !

Ca y’est vous en savez autant que moi sur comment marche l’économie mondiale. Je lui ai demandé c’est quoi la différence entre un mauvais trader et un bon trader. Ben…heu…un mauvais trader, tu vois heuuu, ça trade quoi ! Et un bon trader eheuuu, ça trade…mais y trade bien, c’est un bon trader quoi !   Bon en fait la vrai réponse c’est : le bon trader il sait anticiper les effets qu’auront certains fait (le nombre de naissance en hausse au Etats-Unis cette année par exemple entrainera une augmentation de la demande d’où un prix à la hausse, et des milliers d’autre comme ça) sur le cours du pétrole. En fait je trouve que c’est la même réponse, pas vous ? Y’en à une autre aussi : si tu t’ais pas fais viré dupuis longtemps t’en un bon. Lui ne sait jamais fait viré.

Après cette leçon et un beau couché de soleil, pour arroser mon premier cours d’économie on s’est retrouvé autour des free buckets de l’Ibiza bar pour d’autre sujet de conversation.

 

Ah oui ! J’oubliais, par un raisonnement un peu orienté, il m’a presque convaincu d’acheter des actions dans une boite de pétrole (Brésilien de préférence, ils vont faire un carton dans les prochaines années) et je contribuerai au développement des énergies renouvelables. Acheter du pétrole fait monter sont prix, si le prix est haut, les gens en consomme moins et investissent dans les EnR. D’un coté, c’est vrai, quand pour la première fois le baril est monté au-dessus de 100 $ l’année dernière (il connaissait la date exacte et l’heure !) j’étais content et je me disais la même chose : j’aurai encore plus de boulot dans les EnR. Mais bon, coté éthique j’aurai quand même du mal à donner des sous à une compagnie pétrolière pour qu’elle aille forer encore plus profond ou plus loin. J’imagine aussi que vous avez vu la faille du raisonnement : si on consomme moins, le prix redescendra. Ok, mais d’après lui, il a encore 5 belles années ou il va se faire des sous et après, quand tout les pays auront vraiment lancé un programme économie d’énergie en d’EnR il se retire. Pas con le gars ! Peut-être que je le retrouverai dans 5 ans en faisant de la plonger à Ko Pi Pi et il aura acheté la petite île en face.

 

 

"The Beach" Island

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